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L'élongation et le claquageAu delà d'une contracture qui se résout rapidement et sans soins médicaux, il est plus rare en course à pied d'avoir une lésion musculaire franche à savoir une déchirure des fibres contractiles et/ou du tissu conjonctif non contractile (celui qui entoure et s'insinue dans le corps du muscle). A moins de réaliser des exploits tant en vitesse qu'en terme de parcours périlleux - que l'on peut retrouver par contre dans les courses natures dites Trail - un coureur régulier n'ayant que l'objectif de conserver sa forme physique et de perdre un peu de poids, a peu de chance de se retrouver avec une « balafre » de 10cm derrière la cuisse. Cependant, il est arrivé qu'une déchirure survienne à la suite d'un effort inhabituel, non maîtrisé, renforcé par un tableau physique réduit par la fatigue, le stress, des postures néfastes quotidiennes, une alimentation et une hydratation défaillantes, un temps de sommeil restreint ; en somme une accumulation de faits évidents. Dans ces circonstances, le corps fait le tri dans ses priorités. Il va chercher au mieux, pour se protéger, les énergies qui lui permettra de ne pas « surchauffer ». C'est la raison pour laquelle le fusible musculaire sera le premier à lâcher pour que le reste ne flanche pas. Vous pourriez penser en lisant ces lignes que la situation est exagérée. Mais dans le cadre de la course à pied, il est difficile de concevoir des choses pareilles sans établir de parallèles entre physique limité et psychisme atteint. A vous de rétablir un équilibre entre ces éléments et de savoir s'adapter.
Concrètement, avant de sortir, soyez apte à évaluer votre forme du moment. Un bon échauffement, une progression dans votre allure de course, une récupération suffisante seront les meilleurs ingrédients pour apprécier ce que vous faîtes.
Malgré tout, si une telle blessure survenait, prenez immédiatement des solutions pour permettre au muscle lésé de débuter sa cicatrisation le plus vite possible. L'arrêt de l'activité est donc logique et la durée d'inaction dépendra de l'importance des dégâts. Une échographie sera utile pour visualiser l'étendue de la déchirure. La présence d'un œdème, d'un hématome, la douleur, l'impotence fonctionnelle c'est-à-dire le fait de marcher ou pas seront des symptômes qui détermineront le temps d'inactivité. Globalement, il existe 3 niveaux de lésion ; la déchirure (ou élongation) dite de stade 1 définit la lésion de quelques myofibrilles sans œdème ni hématome avec une gène modérée. Le stade 2 ou claquage marque une lésion plus conséquente dans sa taille, sa profondeur, sa gène fonctionnelle avec la présence d'un œdème et d'un hématome où la marche voir la montée des escaliers se fera plus difficilement ; l'utilisation de cannes anglaises sera utile les premiers jours pour soulager l'appui et éviter une contracture réflexe autour de la lésion. Le stade 3 définit la rupture partielle ou totale d'un muscle ce qui représente le summum d'une lésion musculaire et qui sera pris en charge généralement par la chirurgie.
Les moyens pour vous soigner que vous aurez à prendre concerne le stade 1 voir le stade 2. L'application de glace reste au départ l'essentiel du traitement : avec une poche de glaçon, appliquez la sur le muscle directement sans oublier un tissu protecteur pour éviter de vous brûler la peau. Le froid facilite la vasoconstriction c'est-à-dire que les vaisseaux sanguins se rétrécissent ce qui limite la fuite de liquide. Laissez agir pendant 30 minutes et si possible renouvelez le geste 3 à 4 fois par jour pendant 3 jours. Au mieux pour ceux qui travaille, une fois le matin et le soir sera mieux que rien. Ensuite pour le stade 1, la récupération peut s'avérer rapide ; en 3 à 4 jours, les sensations peuvent revenir avec une aisance à la marche, un muscle plus souple, un allongement modéré possible. De là, après 10 jours (parfois moins), il est possible de réactiver le corps par du vélo à allure souple et reprendre après 3 à 4 sorties de vélos le jogging ainsi que des étirements doux de récupération en insistant surtout sur les groupes musculaires qui entourent le muscle blessé. Le stade 2 demande plus d'attention car plus fragile. Des séances de kiné peuvent s'avérer utile pour faciliter la cicatrisation et aider à la reconstruction du muscle dans les meilleures conditions car ces professionnels ont des moyens efficaces pour cela (électrostimulation, physiothérapie) et peuvent vous donner de bons conseils. Il va de soi que des massages sont absolument à proscrire au départ car vous pourriez aggraver la déchirure et disséminer l'hématome. Par contre, quelques jours après, des massages doux faciliteront la récupération, la souplesse musculaire ainsi que la stimulation neuromusculaire et circulatoire. Pour soulager la douleur, des anti-inflammatoires sont souvent donnés ; attention car ne plus avoir mal ne veut pas dire être guérit. Par contre, prenez de l'arnica en gélules homéopathiques cela facilitera le drainage des liquides. |