La périostite



La périostite est par définition une inflammation du périoste. Le périoste est une fine membrane qui entoure chaque os (sauf les surfaces articulaires) pour le nourrir, lui permettre de grandir et de se réparer en cas de blessure, lui même étant protégé par les muscles qui le plaquent. 

Quand on parle de périostite, tout sportif désigne une zone spécifique et douloureuse: la partie antérieure de tibia. Pourquoi ? parce qu'à cet endroit, aucun muscle ne s'y trouve pour le protéger donc son périoste. Il est donc soumis à toutes les tensions des muscles postérieurs du mollet - en particulier le soléaire et les vibrations liées aux impacts du sol.

 

Par contre si cette discipline amenait systématiquement des problèmes à ce niveau, personne ne ferait de la course à pied.

Il faut donc aller chercher d'autres causes pour expliquer ce phénomène. Il faut souvent les trouver au niveau de l'articulation de la cheville et en particulier celle qui unit le tibia de l'astragale (articulation tibio-astragalienne). L'astragale par rapport au tibia a la fâcheuse réputation de glisser vers l'avant. Cette instabilité est due à l'absence d'insertions tendineuses; seuls les ligaments doivent maintenir la stabilité de cette articulation. Et par des appuis fuyants (marcher sur une pierre ou dans un trou) ou des positions statiques et forcées, il arrive souvent que cette articulation perde de sa mobilité ce qui engage des compensations à proximité: douleur au talon, tendinite d'achille, contracture du soléaire donc périostite tibiale antérieure.

Les signes cliniques font apparaître une douleur lancinante au cours de l'entraînement voir après l'effort au repos en marchant ou des sensations de brûlures. Gonflement et chaleur peuvent apparaître à la palpation. Une radio peut éliminer une fracture de fatigue.

Parfois il faut chercher des causes supérieures au niveau des genoux et du bassin.  Il ne faut pas oublier un risque de syndrôme des loges (même si c'est rare et concerne plutôt les coureurs de haut niveau par excès d'entraînement): il s'agit d'une hypertension musculaire par pression intramusculaire compromettant la circulation sanguine et la fonction neuromusculaire et qui ne peut se résorber par le repos.

 

 

Le traitement reste simple.

Le repos est nécessaire, l'application de glace utile pour diminuer l'inflammation. Des anti-inflammatoires sont souvent prescrits avec des résultats mitigés. Il est par contre indispensable de vérifier les articulations des chevilles, des genoux, du  bassin (sacro-iliaque) afin de déterminer le pourcentage de mobilité pour chacune d'elle et les corriger éventuellement.

Un bilan podologique est complémentaire et des semelles pourront stabiliser l'équilibre des appuis. Il faut savoir également changer vos chaussures quand elles ont trop de kilométres: l'usure ne se voit pas forcément.

Des étirements sont intéressants dans le cadre d'un travail global.