Courir en musique : compatible ?



 

Nombreux sont ceux que l'on croise avec un Mp3 et leurs oreillettes..

Entre accompagnement d'un exercice solitaire et perturbation physiologique, la musique que l'on écoute en courant est un choix dont les avis sont partagés.

 

Les adeptes des oreillettes vous répondront que la source musicale est une aide, un échappatoire aux multiples perturbations extérieures. Nul n'existe au cours de cet instant d'effort et facilite le "no stress". En écoutant sa musique préférée alliée à une activité physique, cette double satisfaction augmente les bienfaits du corps.

C'est une manière de se recentrer sur soi même et mieux encore de réfléchir pleinement à des sujets de préoccupations professionnelle et personnelle et souvent d'en résoudre certaines.

 

 

Par contre, est ce vraiment facile de se concentrer sur sa manière de courir ? Car écouter de la musique est une source de perturbation sonore - l'intensité est fondamentale - et de l'équilibre.

 

Cependant, en troublant les signaux de l'audition et de l'oreille interne, le transfert de l'équilibre se situe préférentiellement sur les récepteurs proprioceptifs articulaire et musculaire ce qui signfie une meilleure capacité de réaction aux perturbations externes comme les défauts du sol que le corps doit adapter par une sollicitation musculaire accrue.

Mais ne réagit pas aussi facilement qui veut. Ce travail proprioceptif est un excellent stimulateur pour une foulée efficace. Il n'est pas dit que les débutants ou ceux qui courent irrégulièrement soit apte à répondre à cela sans effets parasites. Leur physiologie n'étant pas optimale, le corps doit répondre d'abord aux contraintes cardio vasculaires grandes dépensières d'énergie. Donc, en limitant ses moyens à bien courir lorsque l'on écoute de la  musique, il est plus difficile de se concentrer sur son effort, ses appuis, accélère une fatigue déjà tangible et peut même être génératrice de blessures telle une entorse.

Et pour enfoncer encore un peu plus le clou, pour les séances plus rapides comme le fractionné, il est impossible de concevoir une perturbation sonore. L'effort est tel que toute la concentration respiratoire et de la foulée doit être optimale.

 

En résumé, ce compagnon de sortie longue peut apporter un certain réconfort, le temps passant moins vite.

Par contre, sans cet instrument, il est plus aisé de sentir les effets de l'effort sur les jambes, les bras, le souffle, les appuis au sol, l'équilibre global chez des coureurs irréguliers ou chevronnés et ce d'autant que l'intensité sera élevée.