Dos et course à pied



Au cours de ma dernière consultation chez mon médecin, celui-ci m'a dit de faire du sport pour maigrir et pour me défouler du stress de mon travail. Aussi sûr de mes bonnes intentions, j'ai choisi le sport le plus simple, le plus facile à pratiquer et le moins onéreux : la course à pied (ou le jogging pour les fun). Avec un vieux short et de vieilles running , Hop hop !!! je sors de chez moi et me voilà parti avec mon voisin qui en fait depuis quelques années.

Mais comme mon voisin est un assidu de la pratique, j'ai tenté de le suivre et après quelques sorties, patatras, j'ai eu mal aux jambes et mal au dos !!! et j'ai été obligé de m'arrêter.

Que se passe-t-il Docteur ? Telle pourrait-être votre histoire aussi banale que cela. Et pourtant, chaque dimanche, on peut croiser de plus en plus de gens qui courent le pavé ou les allées dans les bois. Il faut ainsi se poser la question de savoir si cette activité d'appui au sol est à la « portée » de tout le monde ? quelle attitude adopter ?

Dos et course à pied sont-ils compatibles ?

Les douleurs de dos sont aujourd'hui très fréquentes : 60% des français en ont déjà souffert. L'inactivité, les postures statiques ou excessives dans notre travail, le stress, le bricolage, le jardinage sont des raisons suffisantes pour amener un dos à se bloquer et à entraîner des contractions musculaires compensatrices. Dans chaque position debout, penchée ou assise, les muscles profonds posturaux de la colonne vertébrale réagissent et s'organisent à chaque instant pour privilégier la stabilité de notre équilibre. Ce sont ces muscles profonds qui vont subir une tension très importante pour compenser les mauvaises positions alors que les muscles plus superficiels vont perdre de leur tonicité et donc amener des pressions articulaires plus fortes.

Le dos va donc réagir en informant notre cerveau des risques encourus et pour le protéger ce dernier va déclencher des réactions de défense : douleur, inflammation, contracture musculaire plus étendue, limitation des articulations donc diminution des mouvements. C'est la crise que l'on nomme le lumbago ou la sciatique s'il s'agit par exemple d'un  pincement discal au niveau de la colonne lombaire.

Cependant, les disques intervertébraux sont voués à un rôle très efficace d'amortissement des pressions, des tensions et des cisaillements, dans le but essentiel de protéger la moelle épinière et ses racines nerveuses.

Et, pendant l'activité course à pied, l'alternance des appuis au sol apporte une simultanéité de pression/décompression qui stimule la structure. Le jeu coordonné des muscles entre eux facilite l'amortissement des appuis et favorise le renforcement de la colonne. De même, chaque segment de membre et du tronc par leur mouvement fluidifie les liquides articulaires qui contribuent à nourrir et renforcer les cartilages.

Aussi, et malgré un certain nombre de détracteurs à son encontre, la course à pied apporte plus d'effets positifs qu'elle n'engendre de problèmes liés aux réactions sol/corps, même s'il est indispensable de respecter des règles strictes pour éviter les désagréments de la gravité.

Il apparaît donc que cette activité renforce nettement les structures osseuse, musculaire et articulaire plus qu'elle ne les délabre. Par contre, elle peut engendrer des problèmes de dos ou de genoux lorsqu'elle est pratiquée de manière excessive avec un matériel inadapté.

C'est la raison pour laquelle il est indispensable de prévoir des moyens préventifs efficaces pour éviter les conséquences liées à la réaction des appuis au sol.

Ces moyens sont multiples :

1.  les chaussures sont l'élément essentiel pour amortir les chocs sur le sol. Actuellement sur le marché des running, la qualité s'est nettement améliorée ; les matériaux qui constituent la semelle et conçus en étroite collaboration avec des podologues, absorbent les vibrations en minimisant les réactions sur les membres inférieurs et la colonne vertébrale.

Par contre, la notion de positionnement du pied (pronateur : pied creux ou supinateur : pied plat ou universel : pied normal), ne peut être connue qu'après un examen approfondi chez le podologue du sport qui réalisera des tests d'équilibration statique sur une plate forme et des tests dynamiques sur tapis de course.

C'est pourquoi, vouloir acheter des chaussures dans un magasin de running sans ces notions, relève de la haute gabegie. A défaut, vous devriez acheter des chaussures universelles, le pied se positionnera dans de bonnes conditions d'équilibre et de  stabilité.

2.   pour réduire les limitations de mobilité articulaire et la perte d'extensibilité musculaire, respectez l'échauffement et la récupération. Toute activité entraîne une rétraction des muscles : les allonger pour leur faciliter une bonne élasticité est donc une nécessité absolue. Il existe une multitude d'exercices d'étirements et de postures spécifiques pour chaque muscle ou groupe musculaire que l'on utilisera selon le moment : échauffement ou récupération.

 

En résumé, toute personne active voulant se remettre en forme peut courir sans problème, à moins d'une contre-indication absolue, en respectant les consignes exprimées précédemment. Outre le test d'effort médical obligatoire à faire, un bilan kinésithérapique est également utile pour vérifier les amplitudes articulaires et l'extensibilité musculaire (en clair pour savoir si vous êtes raide ou non).

Et pour être sûr de ne pas se tromper, le coureur néophyte doit tester ses capacités à courir. C'est pourquoi vous pouvez vous référer au test initial .