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Histoire de vacances

27/08/2011
Les conseils du spécialiste


N'est pas cycliste qui veut

Voici une histoire vécue par un marathonien à son heure qui a voulu se faire cycliste de haut col un jour d'été.

 

Il était donc une fois, un coureur ayant une grande habitude de la route, ayant fait pas mal de courses (de 10 km au marathon), plein d'espoir, qui s'est mis dans la tête que gravir les cols de haute montagne pouvait se faire à l'aise.

 

Sans préparation spécifique vélo à l'exception de quelques centaines de mètres chaque jour pour rejoindre son lieu de travail, l'opportunité estivale l'a porté vers les Pyrénées.

Il a quand même eu l'idée, avant de partir, de faire réviser son vélo chez un spécialiste pour le dépoussiérer, le huiler bref qu'il soit apte à le porter vers les sommets.

 

Arrivé à destination, prudent, il testa le deuxième jour les premières pentes, les plus courtes, les moins longues pour voir.

Telle ne fut pas sa surprise dès les premiers métres d'ascension qu'un échauffement lui était nécessaire pour activer l'organisme et faciliter l'effort cardiaque. Déjà dans le rouge après quelques encablures, il fut bon de redescendre sur une portion plus facile, faire quelques kilomètres pour repartir vers son parcours initial d'ailleurs sans difficultés aucunes pour celui qui pédale très régulièrement et habitué aux efforts d'altitude.

Ainsi, 1ère régle à respecter : un échauffement est aussi nécessaire à vélo !! (comme si le fait d'être posté sur un engin à deux roues suffisait pour faciliter cet échauffement)

 

D'ailleurs, à ces hauteurs, les balades à pied ne sont rien à côté d'un effort à vélo. On a beau être capable de marcher des heures dans les sentiers (d'ailleurs fort nombreux dans ces contrées) et les bonnes pentes proposées, le contexte est totalement différent. La sollicitation musculaire n'est pas la même, la posture non plus.

Donc après le premier constat des premiers kilomètres, la deuxième sensation forte est que les côtes pyrénéennes ne sont pas les mêmes que dans nos vallées. elles durent, durent.... Mais de cela, le corps, les jambes et le souffle de notre coureur expérimenté ont commencé à prendre le rythme, un ryhtme pour faire passer l'énergie dans les muscles sans devoir s'arrêter pour récupérer (la honte !!).

Ainsi, après quelques kilomètres, la délivrance : un faux plat. Une impression d'aisance, un développement facile, une puissance retrouvée. Bien consciencieux, il se doit de boire et se ravitailler pour aborder la suite. Car suite il y a.

Sous forme d'un col dit de 3ème catégorie (une broutille se dit le gars) culminant à 1172 m pente maximale 9%. C'est le panneau d'en bas qui le dit, au tout début de cette ascension a priori aisée. Pour se tester vraiment, savoir si les balades à vélo sont possibles pour un joggeur averti.

Et là, les choses sérieuses ont commencé immédiatement sans prévenir !! une "petite" portion montante de 500m de 8,5% (c'est quoi 8,5% ? facile !!) environ mais pour le béotien comme lui , la machine s'est vite mis au rouge, rouge écarlate, cramoisi, les jambes brûlantes, le souffle très court, une impression que la cage thoracique va exploser. Et une allure lente, très ralentie presque à l'arrêt. L'exagération de l'écriture n'est qu'à moitié feinte.

 2ème régle : il ne faut pas se surestimer.

 

Mais, le joggeur/cycliste a du répondant, il lutte avec ses armes et arrive en fin de compte à passer ce fameux col. Deuxième délivrance, la pente s'inverse, la sensation de lourdeur s'amenuise, la vitesse s'accèlère sans peine, c'est la descente infernale.

 3 ème règle : il faut garder un peu d'énergie et de lucidité pour aborder la descente.

 

Car très vite il vous faut maîtriser la vitesse, les virages, les gravillons pour ne pas perdre les pédales (si je peux m'exprimer ainsi).

 4ème régle : la révision d'une machine est fortement utile pour être sûr de son matériel en particulier de ses freins.

 

Après une dizaine de kilomètres de descente, assez bien maîtrisée, l'arrivée de ce parcours fut une sacré récompense.

 

Et vous vous dites que, au final, malgré des passages délicats, vous vous sentez apte à poursuivre l'expérience.

En effet, après le premier essai et le débriefing post premier col, le néo cycliste a pu constater que le développement de son vélo n'était pas adéquat pour ce type d'effort. Il a donc demandé à un réparateur de lui mettre un plus petit plateau pour lui faciliter le pédalage. 

5 ème régle : avoir un développement adéquat pour gravir ce genre de col.

 

Bien lui en a pris. Car le surlendemain, regonflé à bloc, il a décidé d'affronter le col du Soulor et pourquoi pas l'Aubisque que tous les cyclo rêvent de gravir un jour : le col du Soulor 2ère catégorie 1474m pente moyenne 8%, 8 km de montée non stop et à suivre celui de l'Aubisque 1ère catégorie 1709m pente moyenne 6,5% mais un max. de 9% pour 4 km de montée. En somme, l'Everest pour un débutant mais pas impossible vu la forme physique et foncière de notre individu.

 

Après une dizaine de kilomètres d'échauffement (avec quelques côtes faciles), Elle s'est présentée :  la route qui vous y amène. Tortueuse dès les premiers hectomètres, raide comme une corde lisse et 8 kilomètres sans vous laisser le temps de souffler. C'est long 8 kilomètres, très long : mais on a sa fierté et l'expérience d'un marathon vous rappelle la souffrance, la transpiration, la maîtrise de soi et de son rythme pour être capable de finir coûte que coûte.

Et les panneaux sur le bas côté qui vous indiquent à chaque kilomètre le pourcentage de la pente, l'altitude et le nombre de kilomètres qui vous reste jusqu'au sommet. C'est bon pour le moral.

Et le compteur de votre vélo qui vous montre que la vitesse de déplacement est largement proportionnelle à la pente.

 

Vous êtes seul sur votre machine, vous luttez à chaque coup de pédales ; pourvu que je ne m'arrête pas. Vous avez soif, il fait chaud à ces altitudes, le soleil brûle, le vent est inexistant, comment faire pour prendre son bidon quand vous vous accrochez à votre guidon pour rester en équilibre ? Il faut rester vigilant par le passage incessant des voitures qui vous frôlent et la désagréable sensation de respirer les gaz d'échappement.

Et les kilomètres défilent malgré tout grâce à quelques répis de pentes plus douces. Le paysage change, l'altitude éclaircie les futaies. Surprise au détour d'un virage : des vaches en transhumance ont stoppé leur progression à même le goudron. Vaches sacrées : personne n'ose bouger en particulier les automobilistes. A vélo c'est plus facile, on slalomme, le danger est passé.

Enfin, les derniers lacets. On aperçoit le sommet du Soulor, l'air est plus frais, le vent se fait sentir, salvateur, récupérateur. Mais il ne fait pas oublier que les jambes sont de plus en plus dures,

6ème règle : il faut savoir monter à allure régulière et toujours rester humble vis à vis de la nature et des difficultés qu'elle nous impose.

 

C'est bon, le panneau d'arrivée est en vue. Je stoppe là mon effort. Le souffle est encore limité, le cardio peine à reprendre son rythme. Boire un peu, manger aussi facilite la récupération. Le paysage est grandiose, à perte de vue. Vous ne regrettez nullement l'effort consenti pour admirer la nature.

Les minutes passent, la conscience vous dit qu'il ne serait pas forcément judicieux de poursuivre plus haut car la descente peut se révéler aussi difficile que la montée même plus dangereuse en raison de la vitesse que l'on peut atteindre avec ces engins. Restons lucide.

Le sommet de l'Aubisque attendra.

 

Il faut donc retenir de cette aventure qu'il ne faut pas négliger une préparation. Ce n'est pas parce que vous vous sentez un coureur accompli qu'il est nécessaire de se croire invincible dans une autre discipline aussi exigeante que le cyclisme en haute montagne. L'altitude peut-être. Les pentes surtout.

Mais il ne faut pas désespérer et croire que le défi puisse être impossible. 

Je l'aurai un jour, je l'aurai.

L'année prochaîne sûrement mais avec une meilleure préparation comme pour un marathon.

 

A bon entendeur...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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